Mardi 15 avril, nous nous envolons, moi et ma femme Christine pour le Japon.
Sitôt descendus de l’avion et passés les formalités de la douane, nous montons dans le shinkansen et faisons une étape à Kakunodate. C’est la découverte des Sakuras en fleurs et du quartier des demeures de Samouraïs. Et là je me rends compte que dans deux jours, je vais m’aligner pour mon 13ème marathon. Le stress monte légèrement mais un doute s’installe dans ma tête. Achille prendra-t-il le dessus ?
De toute façon il m’est impossible de reculer. Le projet est né il y a deux ans après le marathon de Kyoto.
Un autre marathon, une autre région à découvrir. Alors c’est parti pour les 42 km du Sakura Marathon dAomori dans le nord du Honshu.
19 Avril, 9h00 Parc Nogiwa
Me voilà parti parmi 2000 coureurs sous les cerisiers en fleurs avec les encouragements de Christine.
Je cours à un rythme pas très élevé 6:15 et une foulée rigide. Les vingt premiers km sont un aller-retour sur une route digue de part et d’autre les rizières, la mer toute proche, au loin les montagnes enneigées.
Le vent frais soutenu passe à travers les barrières anti-congères. Il ne m’aide pas. L’air est pur. Le soleil tape fort.
2 heures 20 plus tard, Christine est là au mi-marathon pour un ravitaillement. Arrêt court, je repars avec la casquette sur la tête et une éponge à la main. Rapidement je ressens que la fatigue s’installe, le rythme descend mais j’ai les Kamis qui m’aident, les messages de ma famille, du PNRT. Au km 28, je passe le grand pont d’Aomori. Je continue à courir de plus en plus lentement et là je j’arrête. Il me reste 15 km qui sont un aller-retour. Que c’est difficile de voir tous ces coureurs qui terminent la distance. Je marche. Au km 35 je bascule sur le dernier tronçon. La barrière horaire se rapproche. Au 38ème km il y un parc de cerisiers en fleurs. Je décide de prendre quelques photos au 38ème km. C’est Hanami. Je me dois de terminer sinon les Kamis seront furieux.
J’essaie de repartir, de trottiner, de courir. Pas facile. Et au 41 km me voilà reparti en petites foulées. Un dernier ravitaillement? Non se sera une vidéo.
Je me dépêche. Je sens la barrière derrière moi qui me presse.
Please stop.
C’est fini la balise m’est retirée du dossard juste avant le dernier virage. Il me reste 150 mètres pour finir. Christine m’attend. Je passe la ligne. J’ai réussi à boucler ce 13ème marathon en 5 heures 33 minutes. Hors temps mais finisher.
Ils nous restent 2 km à pied pour rentrer ensemble à l’hôtel. Le tendon d’Achille a tenu. Des couleurs sur le visage, une fatigue saine.
Maintenant c’est un beau souvenir. (Beaucoup de sourires, une propreté toujours étonnante!)
Un grand merci à Christine, à ma famille, à Tomoko, au PNRT.
Résultat (marathon):
- Jean-Yves Leblais, 5h33

